Modelos de reabilitação na esquizofrenia

Modelos de reabilitação na esquizofrenia

Modelos de reabilitação na esquizofrenia 480 390 Ana Monção

Conteúdo da Página

(imagem acima: Henry Darger)

Le rétablissement dans la schizophrénie: du modèle médical au modèle existentiel (Restabelecer-se da esquizofrenia: do modelo médico ao modelo existencial)

Autor : Ana Monção

Lisboa, Junho de 2016

Au cœur de la réflexion sur le rétablissement des sujets diagnostiqués comme schizophrènes, se trouve dans la littérature (ici en révision partielle) une fluctuation, voire une évolution conceptuelle qui est réflet d’un changement de posture des cliniciens, des chercheurs et des malades eux-mêmes envers la maladie et ses conséquences (outcomes) et envers le handicap psychique.

Cette évolution conceptuelle et changement d’attitude peuvent se comprendre dans le cadre de trois modèles du rétablissement (Pachoud 2012) – le modèle médical, le social et l’ existentiel (ou «modèle du dépassement du handicap», idem: 27).

Si le modèle médical s’est progressivement distancié d’une conception déficitaire de la schizophrènie, cad, de ce postulat déterministe «…d’une détérioration inéluctable engendrée par ce trouble» (Koenig-Flahaut 2012: 339) – en mettant l’ accent sur hétérogénéité inter-individuelle pendant et après la maladie et à plusieurs domaines de fonctionnement (Davidson & Roe 2007: 461-462), sur la possibilité d’amélioration symptomatique, fonctionnelle et de réadaptation (Koenig-Flahaut 2011: 339) -, il a continué à confondre l’évolution de la maladie avec le devenir de la personne (Pachoud, idem: 123), soustrayant l’espoir et le droit des malades à agir, décider, et choisir leur projet de vie (capacité désignée comme empowerment).

En fait, ce choix, dont l’un des points déterminants se trouve dans le clivage opéré par le malade entre “être schizophrène” ou “avoir (eu) la schizophrénie” (Koenig-Flahaut 2012: 283), n’ est pas admis par le modèle médical pour lequel le rétablissement et le handicap psychique sont une conséquence directe de l’évolution de la maladie, cad, le résultat de la rémission ou réduction des symptômes, de la restauration des performances cognitives et de la prévention des rechutes. Le rétablissement – dans ce contexte, équivalent à ‘rémission’- implique le retour à un état pré-morbide (cf Davidson & Roe, idem: 463 et Koenig-Flahaut 2011: 344 pour un questionnement de ce retour). Or, comme vienne démontrer la recherche, le handicap n’ est pas réductible à la dimension médicale: l’absence de symptômes ne signifie pas toujours une amélioration de la vie de la personne, et la persistance de certains symptômes (comme les “voix”) coexistent chez des personnes parfaitement intégrées social, professionnel et quotidiennement. La personne peut, donc, se remettre de “la catastrophe psychologique” de la maladie (expression de Favrod et al. 2012) et cette remise dépasse largement les strictes effets de la maladie elle-même.

Le mérite du modèle psychosocial a été de démontrer que la rémission fonctionnelle du modèle médical – dont la prise en charge, dans une psychiatrie hospitalière, était déléguée à l’ assistante sociale du service ou aux foyers (Pachoud, idem, 74)- dépassait la capacité du patient à s’adapter aux contraintes du quotidien, de la maladie et de la vie sociale et la prise de conscience des limites (cf. critique de ce concept in Koenig-Flahaut 2011: 341). Le handicap psychique serait, en fait, la conséquence des obstacles posés par la société à la personne porteuse du déficit et il faudrait non seulement s’ attaquer à la cause de la maladie, mais comprendre que le handicap dépend de l’environnement matériel et humain qu’ on apporte à la personne (de la qualité des soins, de la marginalisation et stigmatisation, etc), ainsi que de ses ressources individuelles (motivation, résilience, etc). Les Disability Studies ainsi que le Independent Living and Civil Rights Mouvement en ont largement contribué.

La plus récente conception du rétablissement apparaîtra comme une radicalisation positive du modèle psychosocial et de ses objectifs de réinsertion sociale (Pachoud, idem), opérant plusieurs ruptures dichotomiques. D’ abord les malades (maintenant les “usagers” ou “les “clients”) prennent la parole et deviennent protagonistes de la ré-conceptualisation de la notion de rétablissement: la recherche, auparavant exclusivement quantitative et hétero-évaluative, se tourne vers des approches qualitatives et auto-évaluatives ayant comme centre les récits autobiographiques des malades. C’est, en fait, sur leur vécu qui s’édifient les modèles du rétablissement comme ceux d’Andresen et al. (2003) ou Koenig-Flahaut (2012). Porteurs encore (ou non) de formes résiduelles de la maladie, ils réclament la réappropriation et la reconstruction d’une vie satisfaisante et pleine d’espoir, exigeant le respect et le droit à l’autodétermination et l’inclusion dans la vie communautaire (sur le sens politique de cette revendication cf. Pachoud, idem: 29). Deuxièmement, on envisagera le rétablissement comme un processus, ouvert, non figé dans un stade, soumis à des variations inter-individuelles, plutôt que comme résultat (la personne se dit en rétablissement, en évolution psychologique et non psychiatrique). Finalement, au lieu de ‘récupération d’un fonctionnement antérieur’ on parlera de ‘transformation identitaire’ – un nouvel soi se construit, la maladie n’est qu’ une de ses expériences. L’engloutissement de la personne autour du rôle du patient touche sa fin.

Si le mouvement des personnes handicapées avait réclamé l’accès égalitaire aux différents aspects de la vie sociale donnant lieu au modèle social, ce sont maintenant les usagers (comme ceux du REV-France) qui laissent leur posture d’invalides et se mettent au centre de l’existence, comme acteurs de leur vie.

BIBLIOGRAPHIE

ANDRESEN, R. et al.«The experience of recovery from schizophrenia: towards an empirically validated stage model», Australian New Zeland Journal of Psychiatry, 2003, October, 37(5), pp. 586-94.

DAVIDSON, L. & D. ROE. «Recovery from versus recovery in serious mental illness: One strategy for lessening confusion plaguing recovery», Journal of Mental Health, 2007, August, 16(4), pp. 459 – 470.

FAVROD, J. et al. «Le processus du rétablissement», Santé Mentale, 2012, Mars, nº 166, pp. 32 – 37 (URL: http://www.ecolelasource.ch/images/stories/articles_attachement/recherche_prestations/SM166_2_FAVROD1.pdf).

KOENIG – FLAHAUT, M. et al. «Rémission, Rétablissement et Schizophrénie: vers une conception intégrative des formes de l’évolution positive de la schizophrénie », Bulletin de psychologie, 2011, nº 514, pp. 339 – 346.

KOENIG – FLAHAUT, M. et al. «Le rétablissement de soi dans la schizophrénie», L’information psychiatrique, 2012, Vol. 88, pp. 279 – 285.

PACHOUD, B. «Se rétablir de la maladie», Santé Mentale, 2012, Mars, nº 166, pp. 24 – 30 (URL : http://www.messidor.asso.fr/site/images/stories/pdf/SANTE_MENTALE_N_166_mars_2012_Se_retablir.pdf).

Web:

REV – Réseau Français sur l’Entente des Voix – http://www.revfrance.org/

%d bloggers like this: